Bertrand Gadenne, MOXI (Bernard Moïse), Delphine Gigoux-Martin, Eric Aupol, Jean-François Gavoty, Niek van de Steeg, GU Shicheng, LIU Jiayu, UFO media lab, YING Xinxun, ZHOU Linwei, ZENG Xi ont exposé, au mois de juillet 2021, au musée de la photographie de Xie Zilong à Changsha en Chine.
Le Fleuve, peut-être le Rhin. Le titre de l'exposition était "Douze nuances de lumière". Le commissaire de l'exposition est SONG Zhenxi.
Mon travail a consisté à démonter et recombiner cinq planches en une bande sinueuse, et une telle forme figurative et abstraite rappelle au public l'image d'une rivière. Les planches bleues intégrées sont suspendues à une distance de 15 centimètres du mur par des clous à grosses têtes en bronze moulé.
Au-dessus des dessins au fusain sur le mur, une rivière bleue en bois passe, qui est peut-être le Rhin près de Schaffhouse. Voici le texte du catalogue, qui accompagne ce travail :
Le Fleuve
Le fleuve sculpte la pierre de la montagne. La rivière sillonne la terre. La chute d’eau brasse l’eau et crée l’atmosphère de brume, de vapeur et nuages blancs, presque aveuglante par la réflexion de la lumière. Ici l’inspiration c’est « le Rhin », fleuve important de l’Europe occidentale, qui crée dans son delta, par le dépôt des matières premières, un plat pays, « Les Pays-Bas ». Ailleurs, le Nil, l’argile et la fertilité de la terre et la culture millénaire de l’Égypte.
Et ainsi, coule « Le Mississippi », « L’Amazone », « le Yangzi », « le Gange » et « le Rhône »…
Ce sont les montagnes qui déposent les matières premières de base, comme le sable et l’argile et ce sont les paysages traversés qui rajoutent, par des éléments culturels et biologiques, donc naturellement et artificiellement, les ingrédients nécessaires à la soupe de la vie, créant les cultures. On dirait que le fleuve est un organisme total, un corps naturel et culturel, qui par l’essence de son action lente à l’échelle humaine pourrait conter l’histoire de la civilisation et la transformation du territoire. C’est un flux, de matière et d’énergie qui éclaire et illumine la relation humaine et l’occupation de la terre. Chaque courant d’eau, chaque rivière et chaque fleuve porte en lui cette capacité de mettre en lumière et d’édifier les histoires de la civilisation spécifiques et multiples.
Partout les arbres poussent le long des rives et quand ils tombent à l’eau, le courant les transporte.
Mais également dans les arbres, l’eau, la sève, coule et crée au fil des années, son épaisseur et sa taille. Tout d’abord c’est la lumière qui donne vie, par la photosynthèse aux végétaux. Les feuilles transforment grâce à la lumière le CO2 en sucre et en cellulose. Et c’est la lumière qui provoque le transport de la sève et fait croître l’essence.
Le bois de l’arbre, par ses propriétés, est à l’image du fleuve, une œuvre. Une œuvre c'est-à-dire un flux en mouvement qui irrigue en même temps qu'il se nourrit de tous les territoires parcourus qui le sculptent et qu'il métamorphose, un work in progress auquel l'espace et le temps donnent sa singularité en même temps qu'une dimension universelle, celle d'un récit ouvert à différentes entrées, interactions. Un déroulement qui mesure ainsi différentes échelles du temps, le temps des saisons, celui des écosystèmes propices à l'invention d'un récit initiatique voguant à la rencontre des fantômes de l'histoire et porteur d'événements à venir et d'hypothèses utopiques.On peut télécharger le catalogue ici
La vidéo du vernissage et à la seconde 33, un aperçu de mon œuvre